Le monde troublé et glorieux des prédicateurs

Actes 20.20 Vous savez que je n’ai rien caché de ce qui vous était utile, et que je n’ai pas craint de vous prêcher et de vous enseigner publiquement et dans les maisons,

Depuis le début du christianisme, les hommes et les femmes ont eu la responsabilité de prêcher les Écritures. Certains montaient à cheval et traversaient des endroits dangereux et d’autres quittaient leur confort  et leurs villes natales pour porter la bonne nouvelle.  Beaucoup ont étudié de longues années et prêché partout et chaque fois que l’occasion s’est présentée. Voilà plus de douze ans que je prêche, j’ai eu le privilège de soutenir une petite église de la région lyonnaise pendant plus de quatre ans, en m’y rendant au moins une fois par mois, avec plus de deux heures de trajet  aller-retour simplement pour apporter la parole. Ce fut un réel privilège pour moi. Aujourd’hui je continue de prêcher régulièrement et c’est toujours une joie.

Peu importe comment nous sommes arrivés à prêcher, la prédication est énergisante car le message est une source de vie,  parfois la prédication est frustrante, car nous n’en voyons pas toujours les fruits mais elle est aussi exaltante lorsque vous voyez des vies transformées par la puissance de Dieu. Parfois, tout cela se passe dans la même journée, c’est comme les montagnes russes, mais croyez-moi, c’est la bonne place.

Souvent je suis convaincu que j’ai fait de mon mieux, (même si mon mieux d’aujourd’hui peut être différent de celui de demain en fonction des jours) ce qui signifie que j’ai prié, préparé et présenté les Écritures avec une joie absolue. Mais cependant, certaines fois, j’ai lutté avec le doute, et même espéré ne plus jamais à devoir prêcher à nouveau. Mais, ensuite, je me repens, je prie un peu ou même beaucoup et Dieu me donne encore le privilège de le servir par la prédication.

Au cours des années, je suis tombé sur des malentendus au sujet de « ma vocation oratoire ». J’ai passé du temps avec des pasteurs découragés et des croyants frustrés. Il y a quatre choses qui ressortent de ces partages.

  1. Les prédicateurs sont vraiment investis dans le message.

La prédication est une affaire sérieuse pour la plupart des pasteurs et des prédicateurs. Des heures ont été consacrées à l’étude de la parole, à la prière et à la réflexion sur des moyens novateurs d’engager les gens et de capter leur attention. Quand le week-end arrive, nous sommes investis émotionnellement et spirituellement dans un message de 30 minutes (ou beaucoup plus) qui a le potentiel de changer le destin de ceux qui écoutent.

Parfois cela peut être horrible. Mais heureusement le Saint-Esprit peut prendre les rennes et faire quelque chose de beau.

Enseigner des vérités qui offenseront probablement, encourager les croyants découragés, réveiller les dormeurs spirituels, ce n’est pas toujours facile pour un prédicateur et parfois nous pouvons avoir besoin d’espace après le service pour être tout seul. Les prédicateurs se sentent vraiment vidés après un message, parfois je rentre chez moi, je regarde mon épouse et je lui dis, je n’ai plus d’énergie, j’ai besoin de me poser, j’ai transpiré, j’ai donné tout ce que j’avais. Cela m’amène à la seconde vérité.

  1. La prédication est un travail épuisant.

Si vous n’êtes pas fatigué après avoir prêché, vous ne le faites pas correctement. Quand un sermon est terminé, nous avons épuisé toute notre adrénaline et l’énergie émotionnelle perdue n’est pas facilement reconstituée. C’est là que nous nous sentons le plus vulnérable, même si tout s’est bien passé. Pour beaucoup. Imaginez alors les pasteurs qui prêchent à plusieurs cultes d’affilée …  Pour être honnête en rentrant après avoir prêché, bien souvent j’ai besoin d’une bonne sieste, d’une longue marche et d’un peu de soleil pour redevenir humain. Mais chut, certains ne l’avoueront pas alors c’est un secret.

  1. La prédication devrait être plus axée sur la substance que sur le style

Notre culture occidentale est saturée de divertissements et de célébrités. Cela ne me gène pas tant que nous ne faisons pas des « stars Chrétiennes » dans les églises. Pour moi la seule star c’est JESUS.

Permettez-moi une parenthèse, pour ceux qui me connaissent bien, la plupart vous diront que je suis branché louange anglo-saxonne, pour être honnête j’écoute très peu de louange française, Néanmoins j’aime l’attitude d’un leader de louange qui fait souvent beaucoup de voyages en francophonie, Stephan Quéry est à mon sens un exemple, malgré sa renommée il reste avant tout un adorateur et quelqu’un de simple et d’abordable. Je pourrais partager la même chose concernant Darlene Zschech, connue dans le monde entier, j’ai eu la chance de discuter avec elle alors que nous étions chez Hillsong en Australie, une femme d’une simplicité extraordinaire, et d’une humilité impressionnante.

Ne laissons pas notre culture nous pousser à vouloir vivre du divertissement « Si je donne mon temps à l’église, vous devez me divertir ! » C’est un piège dangereux. Les messages ont certainement besoin d’être engageants, ce qui signifie que c’est bien de s’amuser et de rire, mais nos messages doivent avant tout avoir un apport spirituel solide. Si le style devient prioritaire sur la substance de l’Écriture, alors nous aurons des églises en difficulté.

Si vous n’êtes pas régulièrement mis au défi ou même repris par la prédication, vous êtes probablement en train de vous « amuser ». Comprenez bien, le fond de ma pensée, je ne veux culpabiliser personne, je mets simplement le doigt sur l’importance d’être centré sur l’essentiel afin de continuer à avancer et grandir.

  1. La prédication ne fait que commencer la conversation.

Les gens ont de grandes attentes de la part des pasteurs et de leurs prédications. Presque tout le monde désire que le pasteur passe plus de temps à… « Prêchez-plus sur le Saint-Esprit. » « Ne pas parlez d’argent. » « Parlez plus de politique ou pas. »

Ni les prédicateurs ni leurs messages n’ont été conçus pour répondre à toutes nos questions. En fait, selon moi, les meilleures prédications nous apprennent à nous poser de meilleures questions et à nous indiquer le chemin qui nous oblige à étudier davantage la parole.

La prédication amorce la pompe, mais remplit rarement le réservoir. En fait, la prédication est aussi faite pour nous pousser à chercher plus profondément, elle nous donne soif suffisamment pour que nous voulions ensuite ressentir le besoin de nous rapprocher de la source. Chaque dimanche, je désire que les gens fassent un pas de plus, pour continuer à suivre Jésus et ne pas abandonner. Je désire que les croyants soient fortifiés, et que les perdus trouvent le chemin. C’est tout ce qui importe finalement.

Soyez victorieux

Mikaël PENDINO

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